J'sais bien qu'il paraît qu'il faut pas s'attarder sur le passé etc. Mais là c'est pas un p'tit morceau de passé comme ça qu'a fait que passer. Ca va faire trois ans que j'partage la vie d'une certaine jeune fille. Deux en fait mais j'étais tout le temps fourrée dans sa chambre, donc ça fait comme si c'était trois ans.
L'internat, c'est même pas aller en étude à 19h30, manger à 18h25 et se coucher à 22h30, c'est plus que ça.
What else?
Les cris complètement débiles et hors-contexte quand on pète un plomb parce qu'on travaille trop (enfin même si moi c'était plutôt sans raison particulière), les soirs/midis/matins (?) où on mangeait du riz/blé/pâtes/semoule/boulgour, les lumières dans la tronche le matin, les engueulades pour de faux, les fous rires insensés, les virées au Super U (youhou), les gens bizarres dans Super U, les hontes qu'on s'est tapées dans le lycée, le fait que plus personne te regardais quand tu faisais la conne passé 18h45, les douches brûlantes/glacées, les coups montés contre la morue, tes pleurs, les miens, les faux vomissements, les rots, les pets, l'autobronzant qui sentait les pieds, mes chaussettes qui exhalaient une odeur de chaussette dans toute la chambre, tes magazines débiles, mes magazines débiles, mes coups de gueule, ton neutralisme, nos grimaces, les 'c'est booon t'sais', nos vidéos stupides, nos racontages de vie, notre cohabitation, la lutte pour la fênetre avec Céline, les trucs qu'on a dit sur la morue, les 'Juuuliiiiie', les 'Borrrrriiiiisseuuuuh', les 'Rrrrennnééééé', l'eczéma à Bazo, le fait qu'il avait qu'une couille et tout ce genre de conneries qui rendront ces trois années quasiment inoubliables.
Même si j'suis contente de quitter l'internat et le lycée et tout le reste... tout ça, ça va me manquer.
Anaïs, petit drozophile.
[celle tout à gauche.]